Variations blanches


Concert du dimanche 10 décembre 2023
à l’Église Saint-Denis

des compositeurs Moussorgski, Brahms, Berlioz,
Britten, Lully, Pärt, Thompson,…


Notre chef de chœur a imaginé un programme de Noël sous forme de récital choral avec pour thème «Variations blanches».

Blanches, pour la neige et l’hiver qui s’en vient, mais aussi pour la lumière, celle qui jaillit de la nuit et nous rappelle que le solstice d’hiver est le point de départ d’une remontée du soleil et de la lumière. Sans compter que le blanc est la couleur de la paix: n’est-ce pas ce que nous souhaitons le plus en ce temps de Noël?

Les variations alternent entre chants a cappella et chants avec piano, d’auteurs de plusieurs pays: Allemagne, Angleterre, Estonie, États-Unis, France, Russie.

Un vieux texte anglais

On commence avec un texte anglais d’auteur anonyme du 16e siècle (1582) en anglais et en latin. Gaudete! Réjouissez-vous: le Christ est né de la Vierge Marie.

On est bien en Angleterre : les couplets parlent de la neige qui tombe, du vent qui souffle, de l’année qui s’achève.

Un petit tour en Italie

Les deux pièces suivantes nous transportent en Italie.

Il bianco e dolce cigno est un madrigal du compositeur franco-flamand Jacques Arcadelt (1505-1560). La blancheur du cygne nous frappe; faisant allusion à la légende du chant du cygne, le compositeur songeait peut-être à cette assimilation qu’on faisait à la Renaissance entre mort et orgasme. Le poète, à l’instar du cygne qui va faire entendre son plus beau chant avant de mourir, se dit prêt à mourir « de mille morts » chaque jour, dans la joie.

Dans l’autre pièce italienne, Gesù bambino, un classique de Noël de Pietro Yon (1886-1943), vous y reconnaîtrez le refrain d’Adeste fideles.

La Nuit

Deux façons de chanter la nuit. Jean-Baptiste Lully (1632-1687), engagé à la cour de Louis XIV, écrit pour la pièce de Molière « Monsieur de Pourceaugnac » un chant d’ouverture: Répands, charmante nuit, dont je cite la finale: Tes ombres et ton silence, plus beau que le plus beau jour, Offrent de doux moments qu’on revivrait toujours.

Du 17e siècle, on saute au 19e avec le romantique Johannes Brahms (1833-1897) : O Schöne Nacht, Ô belle nuit! publié en 1884. Pièce au charme irrésistible que les chœurs adorent chanter, avec un accompagnement
au piano en notes ascendantes qui nous font monter vers la lune et les étoiles. Rêvons!

Berlioz

Dans L’Adieu des bergers de Berlioz (1850), les bergers devant l’étable voient la Sainte Famille partir pour l’Égypte: ils prient pour qu’il ne lui arrive pas malheur. Ce morceau eut tant de succès qu’Hector Berlioz (1803-1869) broda tout autour une « trilogie sacrée », L’Enfance du Christ, dont la première eut lieu à Paris le 10 décembre 1854, exactement la même date que notre concert, à une autre époque!

Programme

Quelques variations blanches :

  • Gaudete (a cappella)
    Anonyme tiré des Piae Cantiones
  • Il bianco e dolce cigno (a cappella)
    de Jacques Arcadelt
  • Gesù bambino (avec piano/soliste invitée Monique Hamel)
    de Pietro Yon
  • Répands, charmante nuit (a cappella)
    de Jean-Baptiste Lully
  • O Schöne Nacht (avec piano)
    de Johannes Brahms
  • L’Adieu des bergers à la Sainte Famille (avec piano)
    d’Hector Berlioz (de l’oratorio L’Enfance du Christ)
  • Magnificat (a cappella)
    d’Arvo Pärt
  • A Hymn to the Virgin a cappella
    de Benjamin Britten
  • Choose Something Like a Star avec piano
    de Randall Thompson

Œuvre principale:
Tableaux d’une exposition avec piano
de Modeste Moussorgski

  • Ouverture: Promenade
  • Tableau 2: Il vecchio castello
  • Tableau 4: Bydlo
  • Tableau 10: La Grande porte de Kiev

Trois œuvres du 20e siècle

Le Magnificat de l’estonien Arvo Pärt (de 1935 à nos jours) est assurément l’œuvre la plus exigeante du programme. Très différent de tous les « Magnificat » que vous connaissez, le Magnificat d’Arvo Pärt de 1989, au style si particulier, est tout intérieur et d’une grande intensité. Peu d’éclats, mais une contemplation devant ce mystère d’une vierge qui vient d’apprendre qu’elle sera mère et qui clame : Magnificat anima mea
Dominum
(Mon âme glorifie le Seigneur!). Ce sont les premières et les dernières paroles de la pièce qui se termine tout en douceur.

D’un autre style mais toujours a cappella, l’Hymne à la Vierge (A Hymn to the Virgin) a été composé en 1934 par le jeune
Benjamin Britten (1913-1976) à ses 17 ans, à partir d’une pièce anonyme datant d’environ l’an 1300. La pièce alterne entre un texte anglais chanté par un chœur et un texte latin par un quatuor. Pour vous donner l’allure, en voici deux lignes : « Dame, fleur de toute chose, Rose sans épine, Tu portas Jésus, le Roi du Ciel, par la grâce divine. »

Compositeur américain de la Nouvelle-Angleterre, Randall Thompson (1899-1984) met en musique un poème de Robert Frost dans la pièce créée en 1959, Choose Something Like a Star. Il nous invite à mesurer le contraste entre la lumière de l’étoile et l’obscurité de la nuit: Since dark is what brings out your light, puis, devant les débats du jour, qui entraînent souvent des éloges ou des blâmes excessifs, à faire le « choix de quelque chose comme une étoile », d’où le titre.

Œuvre principale

La suite pour piano Tableaux d’une exposition a été composé en 1874 par Modeste Moussorgski (1839-1881), après avoir visité une exposition d’un ami décédé. Il décrit en musique dix tableaux et sa promenade de l’un à l’autre de ceux-ci. Cette pièce a été popularisée par la version orchestrale de Maurice Ravel en 1922. Nous chantons la Promenade et trois de ces tableaux, dans une version chorale du Russe Yakov Dubravin.

En ouverture, Promenade annonce le thème. Le tableau 2 montre Le Vieux Château devant lequel un ménestrel chante une mélodie. Le tableau Bydlo représente une charrette polonaise avançant difficilement, et rappelle ces moujiks encore exploités au 19e siècle. Enfin, le
tableau 10, La Grande porte de Kiev, est en réalité un projet de porte grandiose, et reprends le thème de la Promenade en le magnifiant, amenant le concert à une finale grandiose par un climax de vibrantes acclamations.

Notes de Guy Laperrière, choriste ténor.

Crédits

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Andrei Bedros

Directeur musical et chef de chœur

Originaire de Roumanie, Andrei Bedros est diplômé du Conservatoire de musique de Bucarest. Arrivé au Québec en 1979, il se spécialise en direction chorale à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Il dirige maintenant plusieurs chorales et a reçu le Prix Jean-Pierre Guindon de l’Alliance chorale du Québec en mai 2016 pour sa contribution à l’épanouissement du chant choral. En 2021, nous avons célébré ses 40 ans à la direction musicale de l’Ensemble vocal Les Jongleurs.

Portrait d'Anne-Marie Denoncourt

Anne-Marie Denoncourt

Pianiste d’accompagnatrice

Anne-Marie Denoncourt est diplômée de la Faculté de musique de l’Université McGill et du Westminster Choir College de Princeton, New Jersey. Elle accompagne de nombreuses formations musicales et est présentement enseignante au Département de musique (pianiste et pianiste-accompagnatrice) du Cégep Saint-Laurent. L’Alliance chorale du Québec lui a remis le Prix Gilles-Breton en juin 2019. Elle s’est jointe à l’Ensemble vocal Les Jongleurs en janvier 2023.

Choristes

SOPRANOS
Claudette Blanchard
Denise Chrzanowska
Catherine Courchesne
Isabelle Duranceau
Marie-Hélène Gaumond
Ginette Hétu-Bertrand
France LaRochelle
Anik Larose
Louise Lauzon
Chiara Letizia
Nadine Meloche
Céline Paré
Johanne Paré
Ève-Line Pipon
Catherine Tremblay

TÉNORS
Carlos Antonio Escobar
Jean-Pierre Fortin
Johanne Hotte
François Lalande
Guy Laperrière
Donald Poulin
Gaëtan Sheridan

ALTOS
Josée Bleau
Louise Bourbonnais
Diane Brière
Anne-Marie De Vos
Monique Deslongchamps
Marie Dorion
Geneviève Duckett
Kimpov Eap
Jacinthe Giroux
France Malouin
Andrée Nicole
Chantal Paquette
Hélène-Françoise Perrault
Gabriele Roehl
Johanne Théroux

BASSES
Didier Airaudo
Dominique Brunel
Christian Desbiens
Pierre-Yves Lauzé
Stéphane McDuff
Michel Péloquin
Vincent Roy

Dédicace

Nous tenons à rendre hommage à 3 choristes qui ont pris la difficile décision de ne pas revenir à la chorale en septembre dernier. Ils étaient avec l’Ensemble vocal Les Jongleurs depuis de nombreuses années. Ces choristes ont apporté beaucoup aux Jongleurs par leur bonne humeur et leur présence.

Nous leur dédions ce concert.

Henri Brémont, ténor
Francine Lévesque, alto
Thérèse Plourde, soprano


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